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lundi 23 juillet 2012

Aqueduc


Porteur d'eau. Ville de Montréal.
Source : Centre d'histoire de Montréal

Plantée sur les rives marécageuses du Saint-Laurent et pendant longtemps longée par les petites rivières Saint-Pierre et Saint-Martin, Montréal a depuis sa naissance baigné dans l'eau. Ce cadeau de la nature, les citadins ne pouvaient pourtant en profiter autant qu'ils l'auraient voulu pour se désaltérer et combattre les incendies. En effet, sans égoûts ni décharges publiques, avec des latrines mal entretenues, l'eau était de mauvaise qualité. Et lorsqu'un feu éclatait, il fallait courir à l'appel du tocsin, seaux en mains, vers le cours d'eau le plus proche, avec les délais désastreux que cela occasionnait. Le prix de ces insuffisances se calculait en pertes de vie (épidémies de choléra, de fièvre typhoïde, maladies intestinales) et en destructions coûteuses. (Centre d'histoire de Montréal)


Porteur d'eau, Montréal.
Source : Archives nationales du Québec


Le charrieux d'eau de jadis, Le Monde illustré, 1900
Source : BANQ


Joseph Frobisher. Portrait par Louis Dulongpré, vers 1800.
©Musée McCord d'histoire canadienne,

En 1801, de riches marchands montréalais, dont Joseph Frobisher, avaient mis sur pied un premier réseau privé de distribution de l'eau. D'un étang du village de la Côte-des-Neiges, l'eau coulait par gravité dans des tuyaux de bois jusqu'à des citernes au pied de la montagne et, de là, chez quelques clients privilégiés. (Centre d'histoire de Montréal).


Premier aqueduc de Montréal, 1801.


À compter de 1816, Thomas Porteous modernisait ce système rudimentaire grâce à une prise d'eau dans le Saint-Laurent, des tuyaux de fonte et des pompes à vapeur. Montréal devint alors la ville la mieux desservie du continent après Philadelphie.(Centre d'histoire de Montréal)


L'eau de la Ville sous microscope, 1870


L'aqueduc de Montréal - Bassin de décantation, 1879.


L'aqueduc de Montréal - Tunnel de pompage des canalisations principales, 1879
Source : Musée McCord http://www.mccord-museum.qc.ca/fr/collection/artefacts/M979.87.440.10/


Porteous forma une société qui, moyennant £5 000, acheta la Compagnie des propriétaires des eaux de Montréal, dont la situation financière était mauvaise. Les 40 actions de la compagnie appartenaient en nombre égal à Porteous, à sa femme, à leurs deux fils aînés et à leur gendre. Porteous, à titre de président, se rendit à Glasgow pour y voir le réseau de distribution d’eau. À son retour, la nouvelle compagnie rénova entièrement celui de Montréal pour environ £40 000. On remplaça les canalisations de bois par des canalisations de fer de quatre pouces et les citernes de bois par des réservoirs de 240 000 gallons à revêtement de plomb. Quant au réseau qui recueillait par gravité l’eau des sources, il fit place à une usine de pompage à vapeur qui tirait de l’eau du Saint-Laurent (à un endroit qui, on le constata plus tard, n’était pas assez éloigné des exutoires d’égout). Des bains furent également installés. En dépit de ces rénovations, le réseau continua de ne rapporter que des profits mineurs ; les exécuteurs testamentaires de Porteous le vendirent en 1832 pour la somme de £60 000. (Dictionnaire biographique du Canada en ligne).


Thomas Coltrin Keefer (1821-1915)
Source : Wikipédia

Toutefois la Ville de Montréal qui, propriétaire du réseau à partir de 1845, devait lui donner l'ampleur que nécessitaient les besoins croissants de la jeune métropole. Les dommages causés au réseau par le terrible incendie de 1852 et les pressions des compagnies d'assurance motivèrent la construction d'un premier aqueduc. Celui-ci, dessiné par un éminent ingénieur canadien, Thomas C. Keefer, et inauguré en 1856, puisait son eau dans le fleuve, en amont des rapides de Lachine et l'amenait au réservoir McTavish (avenue du Docteur Penfield et rue McTavish) à l'aide de pompes hydrauliques.(Centre d'histoire de Montréal)


Le système d'aqueduc de Montréal, 1879.


Monsieur Lesage, surintendant de l'aqueduc de Montréal, 1875.
Source : BANQ


L'aqueduc de Montréal - Roue de turbine no 1 - 1879


Rapidement, il fallut admettre que la demande excédait l'offre. De plus, les glaces et les inondations nuisaient périodiquement à la pompe hydraulique, au grand bonheur des porteurs d'eau. Dès 1857, la Ville entreprenait donc une série de travaux pour augmenter la capacité et l'efficacité du système. Ces travaux se poursuivront tout au long du 20 e siècle, au gré des besoins: canal d'évacuation des eaux, élargissement de l'aqueduc, pompes à vapeurs, nouveaux réservoirs et nouvelles stations de pompage, agrandissements et électrification des stations, prises d'eau plus éloignées des rives pour éviter les eaux polluées de l'Outaouais, etc. (Centre d'histoire de Montréal)


Roue de côté, aqueduc de Montréal, QC, vers 1890


Moteur, aqueduc de Montréal, QC, vers 1890
Source : http://www.mccord-museum.qc.ca/fr/collection/artefacts/VIEW-2571/


Moteur Worthington, aqueduc de Montréal, Montréal, QC, 1893
Source : http://www.mccord-museum.qc.ca/fr/collection/artefacts/II-101186/


Batterie de chaudières, aqueduc de Montréal, Montréal, QC, 1893
Source : http://www.mccord-museum.qc.ca/fr/collection/artefacts/II-101187/


Moteur Worthington, aqueduc de Montréal, Montréal, QC, 1893
Source : http://www.mccord-museum.qc.ca/fr/collection/artefacts/II-101185/


Aqueduc ville de Montréal, 1875
Source : BANQ


Personnel du département de l'aqueduc de Montréal, 1875
Source : BANQ



Au tournant du siècle, la plupart des citadins ont l'eau à portée de robinet. Mais quelle eau! Certains jours d'été, elle paraît aussi trouble que dangereuse. Après une épidémie de fièvre typhoïde, en 1910, la Ville prend la décision de chlorer et de filtrer son eau, au même moment que Toronto et plusieurs agglomérations américaines. Une première usine de traitement des eaux sera mise en service en 1918, au pied de la rue Atwater. Enfin, après plus de cent ans de travaux, les Montréalais pouvaient jouir sans trop s'inquiéter d'un des plus beaux avantages de leur ville insulaire. (Centre d'histoire de Montréal)

Réservoir d'eau McTavish, Montréal, 1850-1899

construction du réservoir mctavish :
-forme ovale
-utilise la roche naturelle à retenir l'eau chaque fois que possible
-côté faible tenue en maçonnerie
-24' de profondeur
-millions litres de capacité 13,5
-mur de maçonnerie divise le réservoir
-maison de la petite porte est construite pour stocker l'excès d'eau


Aqueduc de Montréal, rue Atwater, 1891.
Source : BANQ


Réservoir McTavish sur le mont Royal
coupure de journal
BANQ


Vue de Montréal depuis « Ravenscrag » montrant la rue McTavish et le réservoir, QC, panorama, 1869
© Musée McCord, (MP-0000.188.6), © Héritage Montréal


Première pompe à vapeur 1875
Source : Archives McGill


Réservoir McTavish 1877
Source : Archives McGill

Le réservoir McTavish contient une capacité de 37 million de gallons.


Source : BANQ


Nappe d'eau sur le mont Royal
Ce qu'on voit sur la montagne : au tournant d'une allée le promeneur découvre la nappe d'eau pure et limpide du réservoir qui alimente la ville d'eau potable.
Source : BANQ


Bâtiment des pompes hydrauliques - Aqueduc de Montréal 1905.
Source : BANQ


Aqueduc de Montréal - Station des pompes et bassin d'alimentation 1905.
Source : BANQ


Construction de l'aqueduc actuel contenant 6 pompes. 1928-1932.
Source : McGill


À l'origine le réservoir McTavish était doté d'un corps de garde, qui avait une pompe d'eau. la première station de pompage a été construite en 1875 et était située à l'extrémité sud-ouest du site. Il a été conçu dans le style de la Renaissance française et  abritait la première pompe à vapeur pour servir de réservoir. La capacité initiale était un demi million de gallons par jour. En 1913, une pompe centrifuge avec une capacité de 12 millions de gallons par jour était en place.

La station de pompage, à son emplacement actuel, a été construite entre 1928 et 1932. Conçu par l'ingénieur Charles J. Desbaillets, il s'est inspiré des châteaux médiévaux de sa Suisse natale. La structure est faite d'acier et a été plaquée avec Pierre. Le traitement des fenêtres est irrégulier et asymétrique. La composition entière devait être romantique et pittoresque, avec la Chambre de pompe de style château jette sa réflexion dans le réservoir, qui était entouré d'une clôture en fer forgé.

La salle de pompe originale contenait 6 pompes, 3 d'une capacité de 12 millions de gallons par jour et 3 avec une capacité de 15 millions de gallons par jour. En 1947 une maison de pompe auxiliaire a été ajoutée à l'édifice, également conçue par Desbaillets. C'est dans le même style, cependant, elle n'avait pas les crochets encorbellements caractéristiques de la structure d'origine. L'addition de 6 pompes apportait la capacité de la station à 157,50 millions de gallons par jour.

Les dimensions générales du bâtiment sont 365 pieds de longueur et 60 pieds de profondeur. Sa hauteur est de 115 mètres, au sommet de la tour centrale, qui est à 85 pieds au-dessus du Docteur-Penfield Avenue. Aujourd'hui, la station de pompage est entièrement automatisée et est contrôlée à distance de l'usine de filtration Atwater. Les bureaux de la tour principale sont désormais abandonnés. Le réservoir lui-même est maintenant dépassé par la plupart des nouveaux réservoirs, en termes de capacité. (Source : http://www.arch.mcgill.ca/prof/bourke/arch672/fall2002/reserv.htm).


Plan du bâtiment du réservoir McTavish
Source : Archives McGill

Réservoir McTavish
Source : Archives McGill

Aqueduc de Montréal, années 1930.
Source : http://4hectares.info/node/104


Aqueduc de Montréal, années 1930.
Source : http://4hectares.info/node/104


Aqueduc de Montréal, décennie 1930, devenu usine de traitement Atwater
situé au 3161, rue Jospeph.
Source : http://www.scoop.it/t/photos-ancestrales-de-montreal?page=3


Photographie de l'usine de pompage et du réservoir McTavish (815, rue McGregor - aujourd'hui avenue du Docteur-Penfield), mis en activité à partir de 1932.
Source : http://www2.ville.montreal.qc.ca/archives/seriez/pages/z26.htm


Le réservoir McTavish à ciel ouvert.


Installation de tuyaux d'égoût en 1932.
Source : http://www2.ville.montreal.qc.ca/chm/clic/clic12.htm


Aqueduc et égoûts à Montréal en 1932


L'intérieur d'un conduit d'égoût à Montréal, 1933


Une  partie de l'aqueduc de Montréal : l'entrée du canal à LaSalle, 1947.


Une  partie de l'aqueduc de Montréal : l'entrée du canal à LaSalle, 1947.


Parmi les infrastructures de l'aqueduc de Montréal se trouve l'entrée du canal à LaSalle
Source : http://www.banq.qc.ca/collections/images/notice.html?id=06MP48S1SS0SSS0D0P15204


réservoir McTavish en reconstruction et du bâtiment de l'usine de pompage McTavish 1947
Source : http://www.banq.qc.ca/collections/images/notice.html?id=06MP48S1SS0SSS0D0P16034


Construction du réservoir McTavish, 1950
Source : http://coolopolis.blogspot.ca/2007_04_08_archive.html


Construction du réservoir McTavish, 1950
Source : http://coolopolis.blogspot.ca/2007_04_08_archive.html



Réservoir et station de pompage McTavish
Source : © Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Élodie Poletto, 2005


Réservoir et station de pompage McTavish
Source : © Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Élodie Poletto, 2005


Station de pompage Côte-des-Neiges
Source : © Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine,
Nicolas Miquelon, 2005




Les dates importantes à retenir:

Par Guy Billard, membre de la Société d'histoire et de généalogie de Verdun

De 1642, date de fondation de Ville Marie, jusqu’au début des années 1800, les habitants s’approvisionnèrent directement dans les cours d’eau des environs ou bien à quelques puits ou fontaines publiques alimentées par des sources. Les porteurs d’eau devinrent très nombreux. En 1800, la population de Montréal atteignait 9000 habitants et il fallut recourir à des moyens modernes pour répondre à la demande croissante.

En 1852, Thomas C. Keefer conçut un plan qui comprenait le creusage d’un canal dont l’embouchure était à 2.4 km en amont des rapides de Lachine et qui aboutissait à un bâtiment appelé Pavillon des roues à l’emplacement actuel de l’usine Atwater. L’eau du canal servait d’une part à actionner deux roues hydrauliques reliées à six pompes.

Voici la séquence des évènements à partir de la fondation de Ville Marie (Montréal)

1642 à 1800: Les habitants s’approvisionnent directement dans les cours d’eau des environs, puits et fontaines.

1801: Fondation de la Compagnie des propriétaires de l’Aqueduc de Montréal (C.P.A.M.)

1819: l’eau est puisée directement dans le Saint Laurent

1845: Municipalisation des services d’eau (Alors appelé l’Aqueduc de Montréal)

1852: L’Ingénieur Thomas C. Keefer propose la construction d’un canal.

1854: Début de la construction de l’aqueduc de Montréal creusé à même les rivières souterraines.

On démolit les bâtiments de la ferme Penner, soit l’ancien poste militaire royal.

1856: Mise en service de l’Aqueduc, de la station de pompage hydraulique (Atwater) et du réservoir McTavish.

1857: Pour accroître l’approvisionnement on creusa le lit de la rivière Saint-Pierre, sans obtenir les résultats escomptés.

1862: Étant donné que les glaces du fleuve obstruaient l’entrée du canal, et que le refoulement des eaux de la rivière Saint-Pierre entravait le fonctionnement des roues hydrauliques, il fallut recourir à la distribution d’eau en baril, de porte à porte.

1863: Construction d’un canal d’évacuation des eaux du Pavillon des roues jusqu’au Saint-Laurent.

1868: Installation de pompes à vapeur en renfort des pompes hydrauliques.

1870: Élargissement de canal de l’Aqueduc.

1873: Une nouvelle entrée fut construite sur le terrain de l’ancienne baie de Quenneville à la hauteur de la 75e Avenue.

1877: Une nouvelle entrée d’eau est construite à l’ouest (75e Àve et Boul. LaSalle)

1905 et 1913: Élargissement du Canal de l’Aqueduc.

1907: Élargissement du Canal.

Construction d’une conduite d’amenée d’eau brute, d’un diamètre de 2590 mm, longeant le canal de l’Aqueduc sur toute sa longueur.

1910: Construction de la prise d’eau dans le Saint-Laurent, à 366 mètres de la rive.

Le conseil municipal décida de construire une usine de traitement au pied de la rue Atwater.

1912: Construction d’une autre prise d’eau.

1918: Inauguration de la première usine de filtration (coin Joseph et Atwater). L’eau est désinfectée à l’hypochlorite de calcium.

1923: Une nouvelle station de pompage fut construite au sud de l’extrimité du canal de l’Aqueduc (Boulevard LaSalle). On remplaça les pompes à vapeur par des pompes électriques.

1927: Acquisition de la Montréal Water & Power Co., fondée en 1891,

Deux galleries de filtration s’ajoutèrent à la première.

1939-1945: La seconde querre mondiale vint enterrompre ou retarder bien des travaux.

1947: on aménage la galerie no. 4.

1951: Installation d’une nouvelle prise d’eau à 610 mètres de la rive du Saint-Laurent en amont des rapides de Lachine.

Quatre conduites en beton d’un diamètre de 2100 mm sont fixées au lit du fleuve; leur extrimité s’ouvre dans un bloc de beton de 66m sur 12 m

Un réservoir , ou l’eau est chauffée à 60 deg C au moyen de six brûleurs au gaz naturel d’une capacité de 2,9 MW, permet de contrer l’effet du frasil. Des canalisations amènent l’eau chaude à partir de la chambre de régularisation jusqu’au massif de béton situé à 610 m de la rive. La température de l’eau est ainsi élevée légèrement au dessus du point de congélation.

1958: Ajout d’une cinquième galerie.

1960: Ajout d’une sixième galerie.

1967: La ville de Montréal autorisa l’acquisition des terrains nécessaire a la construction de l’usine Charles-J. Des Baillets.

1973: Début de la construction de l’usine Charles-J. Des Baillets, coin de l’avenue Dollard et du boulevard de la Vérendrye.

1978: Mise en service de l’usine de traitement Charles-J. Des Baillets.

L’usine est alimentée par une conduite de 3600 mmm installée au côté nord et qui longe toute la longeur de l’aqueduc. Une autre conduite, dite d’urgence relie l’usine à l’Aqueduc.

Les pressions et le débit y sont équilibrés par le réservoir McTavish et celui de Rosemont.








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