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vendredi 28 septembre 2012

Magasin Morgan devenu La Baie


 

Magasin Morgan, Montréal, 1890.
Source : Wikipédia


Henry Morgan


Troisième garçon d’une famille modeste, Henry Morgan débute en 1837 à Glasgow dans un commerce en gros. Il immigre à Montréal en 1844 et s'associe, l'année suivante, à David Smith pour faire de la vente au détail de tissus et d'articles généraux. En 1849, son association avec Smith prend fin et son frère James Morgan se joint à lui pour former la Henry Morgan & Company. En 1866, le commerce s'installe dans des locaux plus grands et quitte la rue McGill (aujourd'hui le 478 McGill) où il est installé depuis 1854, pour la rue Saint-Jacques dans un vaste édifice de quatre étages. En 1872, le magasin Morgan innove en mettant des articles en vitrine, pratique tout à fait inusitée à l'époque. (Wikipédia)


Immeuble du 478, rue McGill, Montréal.


Henry Morgan & Company, rue Saint-Jacques, 1891.


En 1873, Henry Morgan est propriétaire d'un des plus importants magasins de Montréal, le magasin Morgan installé rue Saint-Jacques au coin du square Victoria. Vers 1874, la Henry Morgan and Company devient la première maison de vente au détail au Canada à se doter de rayons, inspirée du grand magasin parisien Le Bon Marché. (Wikipédia)



Le magasin Morgan en 1875, à l’angle de McGill et Saint-Jacques (disparu).
 Ce cliché exceptionnel illustre l’allure probable de nombreux commerces
 de la rue Notre-Dame à l’époque. Remarquez les colonnes de fonte.


Henry Morgan & Company, rue Sainte-Catherine, vers 1890.


Henry Morgan & Company, rue Sainte-Catherine, 1894.
Source : "Montreal Illustrated", 1894, BANQ

La compagnie poursuit son expansion et, en 1891, décide de quitter le Vieux-Montréal pour s'installer rue Sainte-Catherine, face au Square Phillips. Ce déménagement est d'abord considéré par plusieurs commerçants montréalais comme une catastrophe commerciale et une invasion importune d'un chic quartier résidentiel. Cependant, en peu de temps, de nombreux autres commerçants s'installent sur la rue Sainte-Catherine qui devient, au début du XXe siècle, la plus importante artère commerciale de Montréal.
Neuf mois après la mort de son frère James, Henry Morgan décède à son tour, le 12 décembre 1893, laissant une entreprise prospère aux mains de ses neveux James II Morgan et Colin Daniel Morgan.
La Henry Morgan & Company demeure une entreprise familiale jusqu'à sa vente au magasin La Baie en 1960. Le grand magasin Morgan de la rue Sainte-Catherine devient un La Baie en 1972. (Wikipédia).



Une machine à coudre : « Un cadeau de Noël bien sensé ». 1897.
 Catalogue des articles de Noël d'Henry Morgan & Co., 1897, p. 11.


Conscient de l'importance des ventes générées par la fête de Noël, Morgan publie également des éditions spéciales pour cette occasion, du moins jusqu'à la fin du dix-neuvième siècle. L'exemplaire le plus ancien de ce type de catalogue qu'on a pu trouver - il date de 1897 - étonne par le fait qu'il consacre une page entière à un seul produit ou à une gamme de produits, que ce soient des machines à coudre, des jumelles de spectacle importées de France, des lampes à gaz portatives, un ensemble de bouilloire et de poêlon de table, ou une vaste série de jouets, depuis les chevaux berçants jusqu'aux poêles miniatures, en passant par des jeux de construction. Il présente également un encart en couleur de deux pages consacré à des poupées de Noël, une exception à l'époque. En effet, les catalogues comportent rarement de la couleur et aucune autre édition de Morgan connue n'utilise ce précédé (Musée des Civilisations).



Lampe à gaz portative « Niagara ». 1897.
 Catalogue des articles de Noël d'Henry Morgan & Co, 1897, p. 42



Un jouet classique : l'étang à poissons et ses cannes aimantées. 1897.
L'un des éternels favoris offert par Morgan en 1897.
 Catalogue des articles de Noël d'Henry Morgan & Co., 1897, p. 75.





Présentation couleur de poupées de Noël. 1897. Comme l'illustre cette rare planche en couleur, Morgan déploie de grands efforts pour attirer l'attention sur son assortiment de ravissantes poupées pour tous les goûts. Catalogue des articles de Noël d'Henry Morgan & Co., 1897, insérée entre les pages 96 et 97.


Henry Morgan & Company, rue Sainte-Catherine, vers 1900.

    
Le premier magasin construit en face du square Phillips entre 1890 et 1891 est conçu par John Pearce Hill. Le bâtiment de quatre étages occupe toute la tête d'îlot sur Sainte-Catherine. Recouvert d'un magnifique grès rouge importé d'Écosse, son architecture classique donne un aspect massif au bâtiment tout en exprimant une influence néo-romane par ses grandes arches et ses bas-reliefs sculptés. À l'intérieur, on privilégie un décor luxueux de marbre et de boiseries sur trois étages de rayons, le quatrième étage étant à l'époque réservé aux ateliers Morgan où couturières, ébénistes et rembourreurs produisent divers articles mis en vente sur place.Morgan fait paraître les premières annonces sur son service de vente par catalogue en même temps qu'il ouvre son nouveau magasin, face au carré Philip, en 1891. Le magasin est agrandi en 1902 avec un bâtiment de cinq étages donnant sur Aylmer.(Héritage Montréal).

En 1923, après un temps record de 196 jours de travail, une construction de huit étages est ajoutée sur Union, en harmonie avec les bâtiments existants. Recouvert d'une pierre artificielle rouge harmonisée à la pierre rouge d'Écosse, le bâtiment à charpente en béton possède de hauts pilastres classiques, de larges vitrines à baies cintrées et une composition symétrique, d'influence Beaux-arts. De plus, le rappel des arches allongées ainsi que le traitement d'axes horizontaux au rez-de-chaussée et au troisième étage viennent unir les bâtiments pourtant différents. À l'intérieur, l'aménagement s'enrichit progressivement à partir de 1927 : tabagie, élévateurs, barbier, salle de détente avec foyer, galerie d'art, salle de concert, magasin d'alimentation. Le but est d'attirer les clients sur une base quotidienne.
Un dernier agrandissement est réalisé en 1964 par les architectes Bolton, Ellwood & Aimers sur Maisonneuve, suivant un style moderne qui contraste avec la partie construite au 19e siècle. Le sous-sol est relié au métro depuis 1966 (Héritage Montréal).



Henry Morgan & Company, rue Union, date inconnue.



Des chapeaux par centaines. 1907. Le printemps et l'été, la clientèle de Morgan peut choisir entre 500 à 1000 styles de chapeaux qui représentent la production chapelière de Paris, de Londres et de New York, et celle de ses propres ateliers. Catalogue printemps-été d'Henry Morgan & Co., 1907, p. 11.


Le catalogue s'enrichit de nouvelles lignes de produits à mesure que l'agrandissement du magasin en permet l'étalage. Dès 1905, le consommateur peut donc commander rideaux, jouets, argenterie, coffres et valises, images et cadres, articles de sport, machines à coudre, appareils électriques et confiserie.
Après la création de la Dominion Motor Car Co., en 1906, et d'une usine, l'année suivante, Morgan propose un éventail considérablement élargi de biens et de services. Mise sur pied pour l'entretien du parc automobile du magasin, cette compagnie peint et répare aussi les véhicules des clients et construit des bateaux à moteur. Quant à l'usine, elle fabrique
« tout ce qui est nécessaire à la construction et à l'ameublement de bâtiments privés et publics » et, si les usagers du service de vente par catalogue ne peuvent utiliser en tous les services, ils sont invités à commander planchers, installation électrique et luminaires, plomberie, mobilier, nettoyage de tapis, rembourrage et matelas. (Musée des Civilisations).



Quatre modèles d'automobiles disponibles chez Morgan. 1907. Le magasin sert d'agent à plusieurs manufacturiers automobiles locaux et européens, et vend, pendant une courte période, des voitures par catalogue. Catalogue printemps-été d'Henry Morgan & Co., 1907, p. 143.



Six modèles de bâtons de golf vendus par Morgan. 1907. Les articles de sport comprennent une panoplie de bâtons de golf, dont les manches sont fabriqués en noyer et les têtes, forgées à la main. Catalogue printemps-été d'Henry Morgan & Co., 1907, p. 125.



Embarcations à moteur vendues par la Dominion Motor Car. 1907. Par l'entremise de sa société, la Dominion Motor Car Co., Morgan vend des embarcations à moteur par catalogue. Catalogue printemps-été d'Henry Morgan & Co., 1907, p. 144



Assortiment de jouets à 50 cents. 1908.
Catalogue de Noël d'Henry Morgan & Co. 1908.


Les catalogues de Noël ultérieurs adoptent une mise en page plus classique, chacune des pages offre une description et une illustration de plusieurs objets. Les articles de Noël ou du Nouvel An, étiquettes de cadeaux, cartes de souhaits, calendriers et autres nouveautés saisonnières, que le magasin souhaite écouler rapidement, sont présentés dans les premières pages. On trouve, réunis dans l'édition de 1908, des jouets, de la porcelaine et des pièces d'argenterie, ainsi que divers articles de maison, classés par prix dans le but d'aider les consommateurs soucieux de respecter les limites de leur budget dans leur choix de cadeaux. (Musée des Civilisations)


 
Galerie d'Art, Henry Morgan & Company, date inconnue.

Salle principale de la galerie d'art du magasin Morgan. 1909. Fidèle à son image de grand magasin de qualité, Morgan inaugure une galerie d'art à l'étage supérieur de sa nouvelle annexe, avenue Aylmer, au début des années 1900. Il y vend des huiles et des aquarelles de certains maîtres mineurs, comme Corot, Fantin, Poussin et autres, et note que « le public d'aujourd'hui a de nombreuses occasions d'acquérir des ouvres d'une qualité certaine à des prix pour toutes les bourses. » Catalogue printemps/été d'Henry Morgan & Co., 1909, p. 4.





Quelques tenues vestimentaires pour hommes offertes par Morgan. 1909. Morgan fait la promotion de la grande qualité de son service de tailleur pour les vêtements civils, militaires, d'équitation ou de livrée. Catalogue printemps-été d'Henry Morgan & Co., 1909, p. 68.





Équipement de salle de bain vendu par Morgan. 1909. L'installation d'appareils sanitaires - incluant plancher de tuiles, bain en métal émaillé, douche, lavabo et plomberie - par les employés de son usine, est l'un des services offerts par Morgan. Catalogue printemps-été d'Henry Morgan & Co., 1909, p. 97





Décor illustrant un revêtement de sol disponible chez Morgan. 1909. Le magasin offre une sélection de motifs de parquet. Catalogue printemps-été d'Henry Morgan & Co., 1909, p. 80.




  

Voitures d'enfants vendues par Morgan. 1909. La clientèle est invitée à demander un catalogue spécial présentant de nombreux modèles de voitures d'enfants, dont quelques-unes seulement sont illustrées dans le catalogue principal. Ces articles comptent parmi les articles encombrants que le magasin ne livre pas gratuitement. Catalogue printemps-été d'Henry Morgan & Co., 1909, p. 99.



Choix de cadeaux de Noël à 7,50 $. 1908. On y trouve des couteaux à dépecer le poisson, à poignée nacrée, une pendulette de voyage de huit jours, au balancier en cuivre, et une théière Queen Ann en argent. Catalogue de Noël d'Henry Morgan & Co., 1908, p. 46


L'arrivée du téléphone chez Morgan, vers 1909, vient bouleverser l'organisation du service de vente par catalogue. Le dernier catalogue connu paraît l'année suivante puis, au début des années 1920, le service comme tel cesse d'exister, ses activités absorbées par un nouveau « service de magasinage ». Ce service balbutie peut-être avant 1923, mais il est certainement élargi et renforcé avec l'achèvement, cette même année, du nouveau bâtiment annexe de Morgan, avenue Union, dans lequel on a installé une grande centrale téléphonique. Le service est conçu pour rendre le magasinage aussi commode que possible à la fois pour les clients qui font leurs emplettes par courrier ou par téléphone et ceux qui, en magasin, ont besoin d'aide pour effectuer un achat complexe. Il survit jusque dans les années 1950, mais les ventes par catalogue du magasin déclinent après 1910 et semblent avoir à peu près disparu après 1930. (Musée des Civilisations)


Henry Morgan & Co.Département des habits masculins, circa 1910.


Salle de réception, Henry Morgan & Co, vers 1910.
Source : BANQ, Pistard.


Ajouter une légende
'usine de Morgan, côte Beaver Hall, Montréal. L'usine se trouve
dans un bâtiment distinct, au pied de la côte Beaver Hall.


Henry Morgan & Co. rue Alymer, Montréal, 19?


Henry Morgan & Co, carte postale, date inconnue.



Henry Morgan & Company, rue Sainte-Catherine, vers 1913.
Source : http://www.mccord-museum.qc.ca/fr/collection/artefacts/VIEW-13215/

    
Henry Morgan & Co., 1916


Livret "80 Years of Merchandising. Henry Morgan & Company Limited, Montreal", 1923.


Henry Morgan & Company, rue Sainte-Catherine, 1936.
Source : Montréal en quartiers, Héritage Montréal


Facture du magasin Henry Morgan & Co. Limited, 1936.
Source : Centre d'histoire de Montréal.


Henry Morgan & Company, rue Sainte-Catherine, 1937.



Henry Morgan & Company, rue Sainte-Catherine, 1939

Lors de la visite du couple royal, le roi George VI et la reine Elizabeth, nous voyons la façade pavoisée du magasin Henry Morgan & Co.Limited, rue Sainte-Catherine Ouest à Montréal. Nous apercevons, surmontée d'armoiries et d'une couronne, une immense reproduction des souverains en costume d'apparat avec l'inscription : «Welcome to our Sovereigns»



Un gros thermomètre, installé sur l'auvent du magasin Morgan's à Montréal, indique
 l'objectif financier à atteindre par la vente d'obligations de la Victoire. 1944.


Parade de la victoire en 1945, devant le magasin Morgan.
Source : Montréal en quartiers, Héritage Montréal


Façade du magasin Morgan durant le temps des Fêtes, 1946.


Henry Morgan & Company, rue Sainte-Catherine, 1947.


.Henry Morgan & Company, rue Sainte-Catherine,1956.
Source : Archives de la STM.


Le magasin La Baie, première bâtisse et annexe rue Union, date inconnue.
Source : Montréal en quartiers, Héritage Montréal.



Le magasin Morgan de Montréal, devenu La Baie en 1972
Source : Wikipédia


En 1960, la compagnie de la Baie d'Hudson, la plus vieille entreprise de vente au détail au Canada fondée en 1670, achète les magasins Morgan's de Toronto, Montréal, Ottawa et Hamilton. À Montréal, l'entreprise est si bien ancrée dans les habitudes des résidents que le nom Morgan's ne devient La Baie qu'en 1972. (Héritage Montréal).


Magasin La Baie
Source : Le Devoir

En 2005, l'homme d'affaires américain Jerry Zucker acquiert La Compagnie de la Baie D'Hudson, qui essuie plusieurs déficits depuis quelques années. Le magasin de la rue Sainte-Catherine préservera-t-il son cachet, ses activités et tout ce qu'il évoque pour l'histoire du quartier ? (Héritage Montréal).
















5 commentaires:

  1. bjr, y a cette personne qui vous plagie :
    http://decorationinterieurmaison.blogspot.com/2012/09/magasin-morgan-devenu-la-baie.html

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  2. Monsieur,
    j'ai parcouru avec délectation votre blog souvenir sur Montréal. La qualité et aussi la quantité des photos est impressionnante. Le simple fait de mettre des photos des années 1920 et des années 1950 du même monument, nous fait voir, par exemple, l'importance qu'a pris l'automobile.

    Dans la section qui porte sur le Bain Morgan, http://montrealjemesouviens.blogspot.ca/search?q=bain+morgan
    je dois humblement partager avec vous un doute que j'ai eu en regardant la deuxième photo de l'intérieur du Bain. Il me semble que ce soit celle du Bain Saint-Denis. Il est facile de reconnaître ses petites poutres ainsi que son toit en structures triangulaires d'acier et l'absence de mezzanine. Il a très peu changé malgré la rénovation des années 1970 ?.
    Je vous fais suivre un lien au sujet du bain de la 23e rue à NYC que vous citez dans l' introduction à cette section. Il aurait selon l'ingénieur Dufresne servis de modèle. Je trouve que le Bain Saint-Michel fait plus référence à ce bain américain de style Roman Revival plus que le Bain Morgan qui est de style Beaux-arts, typique du mouvement City Beautiful.
    http://daytoninmanhattan.blogspot.ca/2010/04/asser-levy-east-23rd-street-public.html
    http://en.wikipedia.org/wiki/Asser_Levy_Public_Baths

    L'État de New-York semble avoir été un pionnier en Amérique du Nord des bains publics, à partir d'une loi de la législature qui imposait aux villes de construire des bains publics à la fin du 19e siècle. Cependant, si selon la liste qui suit, il faut constater qu'il n'en reste que très peu encore en fonction, moins qu'à Montréal, je crois.
    http://www.michaelminn.net/newyork/buildings/public_baths/

    Avec ton mes remerciements et mes bons voeux de continuité,


    Jean Gould
    Montréal

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  3. Bonjour,
    plus haut, vous citez le catalogue printemps/été d'Henry Morgan & Co. de 1909. Puis-je savoir où vous avez pu y avoir accès?

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